Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a déposé hier le budget fédéral de 2026. Celui-ci présente les priorités financières et économiques du gouvernement dans un contexte marqué par une incertitude économique persistante, des pressions commerciales et des défis de main-d’œuvre.
Le budget de 2026 comprend plusieurs annonces qui touchent le marché secondaire de l’automobile au Canada, notamment en matière de métiers spécialisés, de développement de la main-d’œuvre, d’immigration et de politique de la concurrence. Voici les principaux points à retenir pour notre industrie.
Métiers spécialisés et développement de la main-d’œuvre
- Outils des apprentis : à compter de 2027, les apprentis mécaniciens de véhicules pourront déduire la totalité du coût des outils admissibles au moyen d’une seule déduction, sans seuil de revenu.
- Une Équipe Canada forte : le budget réitère l’initiative de 6 milliards de dollars annoncée au printemps dernier. La Prime à la réussite Sceau rouge de 5 000 $ entrera en vigueur le 16 novembre 2026. La subvention de 10 000 $ offerte aux employeurs pour l’embauche d’apprentis est attendue au début de l’an prochain.
- Prestations d’assurance-emploi pour les apprentis : les prestations d’assurance-emploi (AE) versées aux apprentis qui suivent une formation technique à temps plein passeront de 14 à 18 semaines.
Programme des travailleurs étrangers temporaires
Le gouvernement investit 151,5 millions de dollars sur cinq ans pour réformer le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). La réforme met l’accent sur les besoins régionaux en main-d’œuvre et sur un traitement plus rapide des demandes. L’AIA Canada suivra de près ces réformes pour voir si elles facilitent l’accès aux travailleurs pour les entreprises aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre persistantes.
Politique de la concurrence et droit à la réparation
Le budget propose de renforcer les capacités d’enquête du Bureau de la concurrence. Il propose aussi d’élargir les droits des consommateurs en matière de données dans les secteurs des télécommunications et du transport aérien. Les véhicules automobiles n’y sont pas explicitement inclus. Toutefois, l’engagement plus large du gouvernement envers l’accès des consommateurs à leurs données donne une occasion de faire avancer la défense des intérêts de l’AIA Canada en matière de droit à la réparation. L’accès aux données des véhicules, aux renseignements de diagnostic, aux logiciels et aux outils demeure essentiel à un marché de la réparation concurrentiel et accessible.
Allègement tarifaire
Les mesures actuelles de remise des droits de douane seront maintenues, y compris l’allègement visant l’acier utilisé dans la fabrication de pièces automobiles. L’AIA Canada continuera de surveiller les répercussions de ces mesures pour les entreprises qui composent avec l’incertitude commerciale et les pressions sur la chaîne d’approvisionnement.
Ce que cela signifie pour notre industrie
Le budget de 2026 comprend des mesures positives qui concordent avec les priorités de l’AIA Canada, particulièrement en ce qui concerne les métiers spécialisés et le soutien à l’apprentissage. Il reste toutefois beaucoup à faire pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre. Il faut aussi faire en sorte que les entreprises automobiles indépendantes puissent livrer concurrence dans un marché de plus en plus axé sur la technologie.
Le budget de 2026 s’engage à élargir l’infrastructure de recharge pour soutenir la transition accélérée vers les véhicules électriques. Il ne fait cependant mention d’aucune mesure précise en matière de droit à la réparation automobile[EC1] ni d’aucun engagement visant le perfectionnement des compétences de la main-d’œuvre actuelle. Son orientation plus large, axée sur la concurrence et les droits des consommateurs en matière de données, confirme l’importance de poursuivre nos efforts de défense des intérêts en faveur d’un cadre fédéral complet et exécutoire sur le droit à la réparation automobile.
L’AIA Canada continuera d’analyser le budget. Elle continuera aussi de collaborer avec les décideurs fédéraux pour que les priorités du marché secondaire de l’automobile au Canada se reflètent dans les politiques gouvernementales et dans leur mise en œuvre. Nous vous ferons part d’autres mises à jour à mesure que de nouveaux détails seront connus.
Des questions ou des commentaires? Veuillez communiquer avec Emily Holtby, Vice-présidente, relations gouvernementales de l’AIA Canada, à emily.holtby@aiacanada.com