Les véhicules définis par logiciel ne sont plus un concept d’avenir. Ils transforment déjà la façon dont les véhicules sont conçus, entretenus et réparés, et le secteur de l’entretien et de la réparation automobile du Canada commence à en ressentir les effets.
À la base, un véhicule défini par logiciel (VDL) s’appuie sur des logiciels pour contrôler et améliorer plusieurs de ses fonctions, notamment les diagnostics, les systèmes de sécurité, l’infodivertissement, les performances et les mises à jour d’entretien. Au lieu de reposer principalement sur des composants mécaniques et des systèmes électroniques isolés, ces véhicules fonctionnent grâce à des plateformes informatiques centralisées qui permettent aux caractéristiques et aux fonctionnalités d’évoluer au fil du temps grâce à des mises à jour logicielles.
Pour le grand public, cela signifie des véhicules plus connectés, personnalisables et capables de recevoir des mises à jour à distance. Pour le marché secondaire, cela signifie que le secteur devient de plus en plus numérique.
Cette transition survient à un moment important pour notre secteur. Selon les recherches de l’AIA Canada, le secteur de l’entretien et de la réparation automobile contribue à plus de 43,9 milliards de dollars par année et soutient près de 500 000 emplois directs partout au pays. À mesure que la technologie des véhicules évolue, les entreprises et les professionnels qui soutiennent ces véhicules devront évoluer eux aussi.
Le virage vers les véhicules définis par logiciel transforme déjà la nature des travaux de réparation modernes. Les entreprises indépendantes d’entretien et de réparation dominent le secteur de l’entretien et de la réparation automobile et investissent dans des outils de diagnostic plus avancés et de l’équipement d’étalonnage. De plus, les techniciens travaillent de plus en plus avec des systèmes logiciels, des capteurs et des technologies connectées en parallèle des réparations mécaniques traditionnelles.
Cependant, l’émergence de cette technologie ne signifie pas que l’expertise mécanique devient moins importante; cela signifie plutôt que les techniciens en entretien automobile modernes doivent désormais comprendre des éléments allant des systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) et de la gestion de batterie jusqu’au dépannage logiciel et à la connectivité du véhicule.
L’industrie s’est déjà adaptée à d’importants changements technologiques auparavant, notamment les systèmes d’émissions, la technologie hybride et l’électrification. Les véhicules définis par logiciel représentent la prochaine étape de cette évolution, mais le rythme du changement s’accélère à mesure que les logiciels s’intègrent à presque tous les systèmes du véhicule.
L’un des enjeux les plus importants liés à cette transition est l’accès aux données des véhicules et aux renseignements sur la réparation. Comme de plus en plus de systèmes sont contrôlés par logiciel, les réparateurs indépendants ont besoin d’un accès sécurisé et équitable aux outils et aux renseignements nécessaires pour diagnostiquer et réparer efficacement les véhicules. C’est pourquoi les discussions entourant le droit à la réparation prennent de plus en plus d’importance au Canada.
Le développement de la main-d’œuvre jouera également un rôle majeur dans la capacité du secteur à réussir cette transition. Le secteur de l’entretien et de la réparation automobile fait déjà face à des pénuries de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs métiers techniques, et la complexité croissante de la technologie des véhicules ne fera qu’augmenter la demande en formation et en perfectionnement des compétences. Les établissements d’enseignement, les associations de l’industrie et les employeurs devront collaborer afin de s’assurer que les techniciens sont prêts à travailler dans des environnements de réparation de plus en plus numériques.
Parallèlement, la cybersécurité devient un enjeu de plus en plus important dans l’ensemble de l’écosystème automobile. Les véhicules connectés créent de nouveaux défis liés aux vulnérabilités logicielles, à la connectivité infonuagique et à la protection des données. Par conséquent, la sensibilisation à la cybersécurité et les pratiques de réparation sécurisées deviendront des éléments de plus en plus importants du processus d’entretien.
Les véhicules définis par logiciel ne sont ni un concept lointain ni une tendance marginale. Ils deviennent le fondement du véhicule moderne, et leurs effets sur le secteur de l’entretien et de la réparation automobile du Canada se font déjà sentir. Les entreprises qui continueront d’investir dans la technologie, la formation et l’adaptabilité seront les mieux placées pour répondre aux besoins de la prochaine génération de véhicules et du grand public.